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Prelude to resurrection

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Darling, Darling, staying up til morning
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Message par Amanda J. Anderson le Lun 16 Nov - 20:26

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Prelude to resurrection


De multiples allées où chaque couloir se ressemblait. Ces étagères infinies que regroupaient les archives refermaient dans des boites toutes les affaires aussi lointaines soient elles du pays, du moins pour les plus anciennes celles que l’on avait réussi à conserver. Ce patrimoine judiciaire était férocement protégé et gardé, on ne pouvait pas être n’importe qui pour y pénétrer et voir les années défiler sur les boites à mesure que l’on s’enfonçait dans les couloirs. Amanda n’y venait que très occasionnellement, à vrai dire, ce qui l’attirait principalement ici c’était la curiosité. Ce jour là, il n’y avait personne d’autre. Simplement elle et le bruit de ses talons tapant le sol alors qu’elle glissait sa main sur une étagère en ayant parcouru quelques mètres.

La veille, alors qu’elle s’était réunie de manière conviviale avec quelques magistrats, ils purent débattre de l’histoire du pays en matière de procès. Ainsi l’on avait cité les plus loufoques, les plus sordides et les plus mystérieuses. Une de ces légendes particulièrement avait retenu l’attention de la juge alors que l’on racontait d’un homme ayant une belle position du jour au lendemain qui s’était vu dépossédé de ses biens parce qu’on le soupçonnait d’être un vampire. Ainsi les sorcières il y a fort longtemps, ces êtres ténébreux étaient craints et chassés, tués la plupart du temps afin que l’on soit sur d’être délivrés du mal. « Le mal » bien évidemment guidé de la religion elle-même. Puisque l’on ne citait pas de telles créatures sur l’arche dans les récits bibliques, ils étaient forcément venus de l’enfer envoyés par le diable en personne. Une histoire qui forcément l’avait faite grimacer au souvenir de ses nombreux frères et sœurs n’ayant pu échapper au bucher à l’époque puisque tout argument était bon pour se faire accuser de sorcellerie. Tandis que les magistrats se riaient de ces divagations de l’époque, Amanda gardait cette histoire de vampire dans un coin de sa tête et s’était réservé le droit d’aller elle-même vérifier dans les archives judiciaires.

XVIII ème siècle, une boite poussiéreuse regroupant plusieurs affaires à travers le pays se présentait devant elle comme une chance d’en découvrir plus. Tout avait été regroupé dans cette boite car pour beaucoup il n’en restait que des fragments. Amanda s’en était donc saisie avec précaution et ne prit pas la peine d’aller s’asseoir pour aller faire le tri. La sorcière ouvrit la boite, fouilla plusieurs papiers en faisant défiler les différents intitulés des accusations. Adultères, meurtres, saccages, litiges commerciaux et plus encore, il était difficile de classer la gravité des états judiciaires puisqu’à l’époque on faisait des procès surtout pour voir les sentences s’appliquer. Des amendes aux pendaisons, en passant par les tortures que l’on préférait garder au secret, il était coutume en occident d’aller se rendre sur la place principale pour assister à une pendaison comme l’on assiste à quelque chose de festif.

Elle réussi enfin à mettre la main sur une affaire de vampire parmi quelques autres qui l’interpella puisque les faits ressemblaient bien à ce que ses collègues racontaient. Un certain Álister, dont le procès s’était fait sans lui et chez qui l’on avait emmené la sentence sans lui donner le temps de se défendre. A travers le plastique de protection, Amanda eu un mal fou à décrypter cette écriture sinueuse et calligraphique. C’était très joli mais à s’en donner mal au crâne à force de plisser des yeux pour déchiffrer et traduire correctement le vocabulaire employé à cette époque là. Les procès avaient au moins mérite de tenir sur une page au lieu d’en voir tout un dossier recomposé de preuves et d’alibis. Reconnu coupable d’être vampire, Álister s’était fait excommunié, on l’avait tué avec un pieu dans le cœur avant de l’avoir enfermé dans un tombeau aux falaises de Moher,  mais n’eut pas droit aux traditionnelles sépultures, juste un vulgaire tombeau creusé dans la falaise. Des informations qu’elle s’empressa de noter sur un papier, ne souhaitant pas prendre ce papier ancien avec elle au risque de l’abimer. La juge referma la boite, et sorti des lieux avec un bon nombre de réflexions à l‘esprit. Elle connaissait quelques faits des vampires, et, au vu de la position de cet homme dont elle était persuadé qu’il était réellement vampire, elle se demandait s’il n’était pas un nosferatu. Dans ce cas là, il pouvait être ranimé, dans le cas contraire soit elle s’était trompé, soit il avait été vampire sans plus de rang. La pluie battait son plein dans la ville, tandis qu’Amanda était retournée dans sa mercedes afin de réunir plus d’informations et prendre une décision qu’elle pourrait très bien regretter.

Par orgueil, par curiosité mais l’envie de tourmenter ces âmes qui avaient condamné un homme sans attendre sa défense, elle avait bien envie d’aller le réveiller et souiller la mémoire de ces gens qui avaient lutté contre lui. Tout comme elle donnerait ciel et terre pour profaner la mémoire du juge ayant dirigé le procès des sorcières de Salem. L’idiotie humaine, révélée une nouvelle fois. Amanda s’était alors saisie de son téléphone pour vérifier l’heure et répondre aux quelques messages qu’elle avait reçu. Elle pensait à ce que l’organisation penserait de cet acte, de ce que ses proches en penseraient également même si elle avait sa petite idée concernant Aodh. Puis elle laissa de côté ses affaire pour démarrer sa voiture, décidant qu’il ne lui ne couterait que de l’essence pour déjà aller vérifier si ses hypothèses se révélaient être justes ou pas.

Durant ces quelques heures de trajet, la sorcière n’avait de cesse de penser à tout cela, mais elle avait surtout hâte de voir. Il y avait en elle une certaine adrénaline rien qu’à l’idée de penser qu’elle avait trouvé un nosferatu. Le paysage de l’Irlande défilait, les nuages n’étaient plus aussi épais qu’à Dublin et très vite elle roula sur une route parfaitement sèche. Puis elle arriva sur la cote Ouest de l’Irlande, admirant le vaste océan recouvert d’une épaisse brume ne laissant pas deviner la surface de l’eau. Une vue à couper le souffle, qu’elle admira pour la première fois alors que le vent s’engouffra dans ses cheveux aux reflets cuivrés. Refermant son manteau pour ne pas attraper froid, Elle s’approcha un peu plus du bord des falaises. C’était comme si en étendant la main vers le vide elle pouvait toucher cette matière mousseuse et cotonneuse qu’offrait le brouillard. Un tombeau magnifique, il fallait le dire, avec un certain recul, mais elle ne se laissa pas plus le temps d’admirer ce tableau qu’elle entreprenait déjà de chercher le point précis où devait se trouver cette grotte qu’ils avaient creusé dans la roche afin d’y enfermer le vampire. La nature avait recouvert toute trace d’ouverture depuis le temps, mais elle espérait que des archéologues n’avaient pas déjà trouvé l’endroit. Elle avait copié le plan inscrit dans les papiers du procès et s’y dirigea d’un pas déterminé. Sauf lorsqu’elle se rendit compte qu’elle devait descendre une corniche et que l’aventure serait plus périlleuse que prévu. Quelle idée d’être en tailleur avec des talons pour une telle tâche ? Elle retira donc ses chausses afin d’être à l’abri de toute glissade et pour avoir meilleure prise sur la roche lorsqu’elle descendit avec prudence.

La grotte n’était pas évidente à trouver, des pierres avaient été rajoutées pour que cela fasse naturel, ainsi Amanda dû rester un moment à forcer sur la roche pour pouvoir ouvrir le passage. Elle ne prit cependant pas le temps de toutes les retirer afin de garder un tant soit peu d’obscurité le temps que le soleil finisse par totalement disparaitre à l’horizon. Elle alluma sa lampe torche une fois entrée dans le renfoncement qui semblait réellement avoir été fait en quelques jours. La grotte avait presque l’air naturelle si on ignorait les traces de coups de pioches qu’elle éclairait de sa lampe alors qu’elle progressait à l’intérieur. Elle ne trouva cependant pas le moindre cercueil. Cela pouvait soit signifier qu’on l’avait trouvé, soit qu’il était un peu plus caché. Pour cela elle frôla les murs de sa main, jusqu’à ressentir un courant d’air froid trahissant une ouverture de l’autre côté. Encore une fois elle dû s’armer de patience pour se faire une entrée et s’y faufiler. Elle fila ses collants au passage, soupirant de frustration parce qu’elle ne parvenait jamais à les garder intacts après les avoir mis deux fois. Quoi qu’il en soit, elle se concentra sur l’intérieur, trouvant le fameux cercueil alors que l’endroit était irrespirable et plein de poussière. Son attention fut attirée par des manuscrits et nombreuses prières, objets religieux veillant à faire en sorte de lui faire une prison dont les barreaux était faite de foi et d’espérance mais aussi de crainte et de haine. Amanda ouvrit l’un de ces livres, trouvant certains détails de la vie de cet homme resté enfermé dans une boite et toussota, s’éventant pour éviter à la poussière de s’infiltrer dans ses poumons.

« Et bien tu en avais pas mal de ces richesses toi…. »

Elle tourna la tête vers le cercueil de pierre qui avait été grossièrement posé ici. Pas de nom sur le cercueil de fortune, rien de bien confortable pour un mort autant que l’ouverture qui lui fut aisée alors qu'elle n'eut qu'à pousser la pierre recouvrant celui-ci. Amanda grimaça, évitant de respirer par le nez de peur de s’évanouir sous les possibles remontées d’odeur. Elle découvrit alors avec surprise tout de même le corps de cet homme et ses hypothèses furent très vite confirmées. Une personne humaine serait réduite à l’état d’ossements mais lui, il avait encore sa chair sur les os bien que très blanche et maigre. Il n’avait pas pourri, les vers n’en avaient même pas fait repas et elle remarqua très vite le pieu planté en plein dans son cœur. Un nosferatu donc, sans la moindre hésitation, condamné à tort et réduit au silence depuis des centaines d’années. Amanda osa alors toucher le front d’Álister puis retira le pieu d’un coup sec - Mais  comme elle s’y était attendue cela ne suffisait pas à le ranimer. Un nosferatu ne pouvait être réveillé que par le sang et pour cela  elle allait lui offrir le sien.  Amanda sorti de sa poche un scalpel qu’elle avait emmené à cet effet et glissa la lame sur l’intérieur de son poignet. Le rouge remonta vite tandis qu’elle avait vivement grimacé de gêne. La tension était palpable, elle ignorait totalement comment il allait réagir à son réveil et espérait ne pas faire là une grosse bêtise. La jeune femme tendit son poignet offert au dessus des lèvres du vampire, alors que le sang perla en s’infiltrant entre celles-ci. Quelques gouttes tombèrent d’abord, avant qu’elle ne finisse par presser son poignet et abaisser un peu plus son bras.








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Message par Álister Ó Lochlaínn le Mar 17 Nov - 22:58

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Prelude to resurrection.
Over the hills and far over, he swears he will return one day. Far from the mountains and the seas, back in her arms he swears he'll be. For three long centuries he counted the days for his vengeance. ••• Cela aurait pu être un jour qui ressemblait à tous les autres dans la vie éternelle d’Álister, mais il n’en fut rien. Pourtant, il avait consulté ses papiers dans son bureau, il avait passé des heures dans sa bibliothèque, s’était installé ensuite à sa cheminée feintant de boire une tasse de thé la main appuyée sur le foyer, comme tous les jours. Son élocution était déjà rédigée pour son accès à la principauté, tout se déroulait comme il l’avait espéré. Son ambition l’avait enfin amené sur le tremplin qu’il avait espéré ; devenir prince. Mais cela, il le savait, n’était qu’une étape de franchie avant ce qu’il cherchait le plus à obtenir.

Alors que son regard se perdait dans les braises ardentes du foyer, des cris surgir à l’extérieur dans la nuit. Ses serviteurs le prévinrent d’un mouvement de foule se dirigeant droit sur le manoir. Álister termina sa tasse et la déposa sur la cheminée avant de se diriger vers la fenêtre. Du bout de ses doigts, il poussa l’épais rideau pourpre pour découvrir des hommes munis de fourches et de torches.

« Ferme les portes. » avait-il lancé à un de ses serviteurs de sa voix profonde.

Il tourna les talons pour se diriger dans sa chambre, puis dans sa bibliothèque et enfin son bureau. De chaque pièce, il ressortit avec quelques richesses ; des bijoux, des pièces d’argent, d’or et de cuivre, des coffres et autres bibelots qui ont fait sa fortune. Précieusement emportées à la cave, ses richesses furent enfermées dans une trappe secrète qu’il ouvrit à l’aide d’une pierre qu’il lui avait suffit de pousser. Puis il remonta les marches pour se poster devant la porte où les acclamations et les coups se faisaient plus puissants.

« Laisse les entrer. Il nous faut accueillir ces invités comme il se doit… »

Un sourire aux lèvres, les portes s’ouvrirent doucement sous les regards intrigués de la foule en colère. Aucune peur ne se lisait au fond des yeux d’Álister. C’est alors qu’un homme s’avança, un papier à la main.

« En la présence des juges de la ville de Galway, vous êtes accusé, Conte Álister Ó Lochlaínn, d’être un vampire. Votre punition est donc la mort. Puisse dieu avoir pitié de votre âme. »

Un rire s’échappa alors de la gorge du Nosferatu. Ces fous pénétraient simplement dans la gueule du loup ! C’est à ce moment que les hommes s’approchèrent de plus en plus. Mais il n’avait pas l’attention de se laisser faire ; sa main attrapa la gorge du premier et lui arracha sa jugulaire, un autre s’approcha pour lui planter un pieu, mais il fut violemment repoussé. Ce dernier se vit propulser au loin dans la pièce avant de lourdement percuter le mur. Puis un autre s’approcha mais il le mordit à la gorge. Ainsi on pouvait voir sa véritable nature. Il ne ferait qu’une bouchée de cette foule en colère. Encore un autre qui perdit la vie, puis un autre et un dernier. Des hommes le retinrent alors en entravant ses membres par de solides chaines. Mais alors qu’il allait les briser, il vit au loin, perdu dans la foule, un visage familier.

« Edward... » avait-il murmuré.

La surprise fut totale. Edward était là dans la foule à le regarder se faire attaquer. Et il ne faisait rien. Il se contentait de sourire – ce sourire que jamais il n’oublierait. Álister pouvait apercevoir le plaisir briller au fond de son regard. Il l’avait trahi. C’était lui qui avait dévoilé sa véritable identité. Lui qui avait trahi les règles des vampires.

Il ne vit pas le coup arriver ; un homme planta le pieu dans sa poitrine ce qui l’immobilisa complètement. Le choc fut tel qu’il perdit l’équilibre, rattrapé par les autres qui le soulevèrent et l’emportèrent hors de la maison. Son corps fut amené jusqu’aux Falaises de Moher. Il avait tout vu, tout réalisé sans qu’il ne puisse faire quelque chose. Le pieu l’empêcher de bouger. Sa poitrine ne pouvait plus se soulever alors qu’il tentait douloureusement de respirer. Couché sur un chariot, le dos plaqué sur le bois, Álister savait que ce serait la dernière fois qu’il verrait les étoiles. Elles étaient plus belles cette nuit là, parce qu’elles ne brilleraient plus pour lui. Le plus dur pour lui, c’était de se sentir impuissant alors qu’il possédait tant de pouvoir. Le Nosferatu ne put empêcher ses pensées de se diriger vers Edward ; ainsi il l’avait trahi alors qu’ils avaient tant partagé depuis ces derniers siècles. C’est comme cela que leurs chemins se séparaient définitivement. Allaient-ils se revoir un jour ? Lui-même ne pouvait y répondre. Cela avait été son choix, mais Álister se jura qu’un jour il se vengerait pour cela. Et lui n’aurait aucune pitié pour lui.

On déposa son corps dans le cercueil de pierre – quelqu’un finit d’enfoncer le pieu dans sa poitrine ce qui laissa échapper un dernier cri strident qui glaça le sang de bons nombres d’hommes présents – puis on le scella jusqu’à nouvel ordre.

Les années et les siècles se succédèrent. Le monde changeait alors que dans cette alcôve, le temps semblait suspendu. Rien ne bougeait, tout restait inchangé. Mais alors qu’on semblait avoir oublié ce lieu perdu du passé, le jour du renouveau sonna son glas : la lumière pénétra à nouveau et la vérité naquit une nouvelle fois.

Les yeux sombres d’Álister s’ouvrirent à nouveau alors que le sang si délicieux pénétrait dans sa bouche. La vie s’insuffla en lui pour le relever. Une profonde inspiration anima à nouveau ces poumons. Le trou béant de sa poitrine ne s’était pas refermé. Il était encore trop faible pour que cela agisse vite. Assis dans son cercueil, un air étonné sur le visage, il se contempla, comme s’il était un souvenir longtemps oublié ou l’impression d’un réveil après un cauchemar. Son corps étaient plus maigre, son visage creusé et ses somptueux vêtements rouge aux dentelles raffinées avaient soufferts du temps. Puis il releva sa tête qui fit raisonner le bruit des craquements de ses os. La pièce était sombre et poussiéreuse. Un nouvel air frais qu’il n’avait plus senti depuis des siècles s’y engouffrait au grand plaisir d’Álister. Ce dernier remarqua alors les artefacts qu’on avait laissé à son adresse pour l’empêcher de revenir parmi les vivants : des bibles, des crucifix, des bougies. Que de balivernes. Finalement il vit qu’une jeune femme se tenait à côté de son cercueil. Ainsi, c’était une simple femme qui le sauva. Il se leva alors avec les quelques forces qu’elle lui avait insufflées – ses gestes étaient lents – puis il se posta devant l’inconnue et fit une révérence digne de son statut. Il lui accorda tous ses remerciements en gaélique.

Mais quand il se releva, voyant la tête que faisait cette dame, il comprit qu’elle n’avait rien compris de ce qu’il lui avait dit. Alors Álister refit son geste tout simplement et traduisit dans un anglais parfait ses dires d’une voix profonde :

« Merci infiniment, gente Dame, de m’avoir sorti de ma prison de rêves. Je me nomme Álister Ó Lochlaínn, conte de Galway. » à cet instant il prit la main de la jeune femme et déposa un baiser galant avant d’afficher un sourire malicieux. « Je vous suis éternellement reconnaissant. Mais auriez-vous l’amabilité de me dire en quelle année sommes-nous ? »





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Message par Amanda J. Anderson le Mer 18 Nov - 19:55

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C’était avec une certaine fascination qu’elle avait observé les traits de son visage reprendre vie alors que sa peau reprenait quelques couleurs sous l’effet de son sang. Les vampires étaient réellement de ces créatures qu’elle se délecterait toujours d’observer le fonctionnement, sans forcément les envier étant donné le nombre de choses auxquelles ils passaient à côté. De simples plaisirs qu’elle ne saurait renier un jour si cela devait lui arriver. Quitte à choisir, être sorcière lui convenait tout à fait. Álister ouvrit les yeux quelques secondes après qu’il se soit remit à respirer. La plaie due au pied commençait à cicatriser lentement, on pouvait alors observer les tissu se résorber et se reconstruire mais elle reporta très vite son attention sur le visage du Nosferatu qui reprenait vie. Lorsqu’il se redressa pour observer les alentours, Amanda demeura silencieuse et recouvrit d’un tissu la plaie qu’elle avait ouverte. Elle avait appréhendé qu’après autant de temps sans boire, il serait plus sauvage que cela mais c’était rassurant de voir qu’il s’était contenté de cela sans chercher à lui voler plus de sang. Elle lui laissa le temps de constater, de réaliser qu’il se réveillait de nombreuses et longues années de sommeil, là où seuls les connaisseurs auraient pu le retrouver. Visiblement nullement troublé par ce qu’il lui arrivait, il fini par remarquer sa présence et réussi à se lever malgré le temps passé allongé. Il lui fit une jolie révérence, le genre qu’on voyait dans ces films historiques et qui malgré elle lui arracha un joli sourire. Il se présenta, courtois, poli et le son de sa voix lui était agréable alors qu’il la remerciait sincèrement pour son geste. Amanda, touchée par ses mots fit de même et se leva à son tour afin de se présenter convenablement

« Amanda Anderson » Répondit elle de sa voix douce.

Elle ne lui fit pas de révérence comme le voulaient sans doute les dames à son époque mais se contenta d’un sourire avec un signe de tête amical. Toutefois elle le laissa ensuite se saisir de sa main sans le moindre recul, ayant que très peu l’habitude que l’on lui fasse un baise-main par simple politesse de salut alors que cette coutume s’était perdue ou se faisait par simple désir de séduction. Ce n’était pas désagréable mais étrange, des petites choses qu’elle se verrait dans l’obligation de lui apprendre alors qu’elle avait décidé de le garder chez elle le temps qu’il puisse s’adapter à leur époque sous peine de se perdre. D’ailleurs il lui demanda en quelle année ils étaient, une question tout à fait normale à laquelle elle aurait pu lui donner l’information avant qu’il ne la demande puisque cela devait le mettre dans un certain contexte. Il avait visiblement conscience d’avoir été endormi pendant plusieurs années, mais elle demeura attentive à ses expression par curiosité de découvrir de quelle manière il réagirait en apprenant qu’ils avaient dépassé ce fameux « an 2000 » depuis bien longtemps maintenant.

« En 2015, octobre 2015 et vous êtes toujours en Irlande.»

Amanda observa un court instant le vampire tout juste réveillé comme s’il avait dormi alors qu’il avait sans doute agonisé avant d’être enfermé ici pendant plusieurs décennies. Il avait loupé un bon nombre de choses de l’histoire du monde, aussi il était important pour lui de ne pas perdre de temps pour faire en sorte qu’il puisse mener une vie normale et surpasser ce handicap. La jeune femme l’invita donc à sortir, lui annonçant qu’elle allait l’emmener à Dublin et qu’elle allait s’occuper de lui le temps qu’il puisse se réintégrer puisqu’il ne pourrait pas aller dans la nature sans avoir un minimum d’information sur tout ce qu’il avait raté depuis sa mort – enfin elle tentait au moins de lui faire entendre raison là-dessus, sinon le ramener à la vie ne rimait strictement à rien puisqu’ils auraient cette fois les moyens de le détruire définitivement; gagner sa confiance là-dessus était important. Alors ils passèrent les quelques passages encore étroits, Amanda n’avait pas pris le temps de faire de plus grandes ouvertures dans l’impatience mais aussi parce qu’elle souhaitait éviter que l’on trouve la planque même après le réveil du Nosferatu. L’endroit serait d’ailleurs détruit par le conclave une fois qu’elle l’aurait signalé. Ils eurent d’abord besoin d’escalader la corniche pour revenir, Amanda monta la première et lui offrit sa main pour l’aider à remonter comme il ne semblait pas avoir reprit toutes ses forces. Une fois tous deux sur la terre ferme, elle l’aida à se relever. Le crépuscule avait déjà laissé place à la nuit tandis que le vent soufflait fort sur la côte. La sorcière resta aux côtés du Nosferatu un court instant tandis que le vaste horizon disparaissait dans les voiles nocturnes.

« Il y a eu de nombreux progrès depuis votre mise en cercueil, certaines risquent de vous effrayer mais si quelque chose venait à être dangereux pour vous, je vous en informerait. »

Elle lui adressa un très vif sourire avant d’emboiter le pas en direction de sa voiture tout en refermant les pans de son manteau contre elle alors que les températures avaient chutées. Les alentours étaient calmes, seul le bruit des vagues venant s’écraser contre la roche donnait un fond sonore. Amanda ouvrit la portière passager après avoir déverrouillé sa voiture. Elle se tourna vers le vampire, et l’invita d’un geste de la main à s’asseoir sur le siège à cet effet. Mais d’abord, elle ne manqua pas de lui expliquer de quoi il s’agissait, se promettant de prendre cette habitude au risque qu’il finisse effrayé même par un toaster.

« C’est une voiture, un moyen de transport rapide et confortable de notre époque, je vous en prie, installez vous. »






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Message par Álister Ó Lochlaínn le Sam 12 Déc - 17:44

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Over the hills and far away, he swears he will return one day. Far from the mountains and the seas, back in her arms he swears he'll be. For three long centuries he counted the days for his vengeance. ••• Gardant le silence, les yeux d’Álister semblaient parcourir le vide de cette grotte. 2015. Il calculait ainsi le nombre d’années qui le séparaient de son monde qu’il avait connu. Plus de trois siècles lui avaient été arrachés par simple jalousie. Il savait qu’il avait été enfermé durant de longues années, mais ne s’était pas attendu à autant. Tant de choses qu’il avait manquées ; de par sa traversée des siècles, il savait pertinemment que le monde évoluait très vite et à chaque fois il s’était adapté, car il suivait le cours du temps. Mais là c’était un bond de géant qui l’avait propulsé dans le futur et pour la première fois, Álister n’était pas sûr d’y arriver. Cela prendrait du temps, mais il ne voulait pas abandonner pour autant. Sa rage le pousserait à se surpasser.

Amanda le sortit alors de ses pensées en l’invitant à sortir. Elle allait l’aider à s’adapter à nouveau à ce monde qui n’était plus le sien. C’était une attention louable, mais que cachait-elle ? après tout, ils ne se connaissaient absolument pas et le Nosferatu sait mieux que quiconque que rien n’est fait par hasard. Elle désirait certainement quelque chose en retour. Soit. Ils concluraient donc un marché quand il aura repris des forces. Álister lui emboita le pas et, bien qu’il voulait passer en premier tel le gentleman qu’il était, il la laissa ouvrir la marche – ses forces n’étant toujours pas revenues. Ils escaladèrent la paroi abrupte et arrivèrent enfin au bord des falaises. Le vampire accepta l’aide de la jeune femme, même s’il n’aimait pas que ce soit le sexe opposé qui lui prête main forte. À nouveau sur ses pieds, la terre meuble semblait s’enfoncer sous son corps. Tellement de temps qu’il n’avait ressentit cette douceur qu’il avait presque oubliée. Sa main alla chercher quelque brin d’herbe qu’il caressa avec amour. La tête légèrement en arrière, Álister prit une profonde inspiration. L’air frais de l’Irlande entra dans ses poumons et fut pour lui une nouvelle renaissance. Un véritable plaisir, inimaginable pour un mortel, quand le vent caressa son visage vieilli et fit voleter ses cheveux. L’air frais de l’océan était bien plus revitalisant que l’on ne pouvait le croire. Il fut tellement heureux à cet instant qu’il en oublia sa sauveuse qui lui parlait. De toute manière, il n’avait pas suffisamment de forces pour tenir une interminable conversation. Il la suivit alors vers sa “voiture“.

C’est alors que se présenta sous ses yeux un objet des plus étrange. Il n’avait jamais rien vu de pareil. À vrai dire ça ne ressemblait à rien. Une espèce d’objet métallique à quatre roues qui lui rappelait un peu son carrosse. Mais ce n’était pas la même chose. Amanda ouvrit une porte, mais l’homme ne se sentait pas d’y entrer. Il voulait savoir comment ça se déplaçait, qu’est-ce qu’il y avait à l’intérieur et qui conduisait cet engin. Cela ne lui semblait pas du tout sécurisé.

« Où sont vos chevaux ? » demanda-t-il d’un regard inquiet.

Il s’approcha de l’engin et tapota du bout de ses doigts. C’était froid et ça ne le rassurait pas du tout. En plus c’était dépourvu de toute décoration. Comment le peuple pouvait-il savoir de quel groupe social vous étiez ? Il se pencha en avant, la tête légèrement rentrée dans l’habitat. Ça sentait le cuir. Il n’avait jamais rien vu de tel et ça ne lui disait absolument rien d’y entrer. Mais comment pouvait-il s’en sortir dans ce nouveau monde s’il ne parvenait pas à monter dans une « voiture ». Álister prit son courage à deux mains et s’assit sur le siège. Amanda s’assit à côté de lui, après avoir attaché la ceinture du Nosferatu. Puis le monstre de métal s’alluma et gronda telle une bête sauvage. Ses doigts ne purent s’empêcher de s’accrocher à une poignée, mais son visage tenta de rester le plus stoïque possible. Puis elle avança. Comme cela était étrange. Elle allait aussi vite que lui lorsqu’il se mettait à courir.

Finalement Álister parvint à se détendre et finit par regarder par la fenêtre de la voiture. Un miroir y était accroché et il put voir son reflet : son visage était creusé par les rides et amaigri par tant d’années de jeunes. Ses cheveux étaient secs et certains étaient même devenus gris. Désespérant. Il tourna alors la tête en direction de la jeune femme.
« Avant de me conduire à Dublin, pourriez-vous faire un détour par Galway ? J’ai quelques effets à récupérer. »

Ce n’était pas vraiment une question qu’il posa. Le noble voulait absolument retourner dans son ancienne ville.

Arrivés aux abords de Galway, Álister tenta tant bien que mal de retrouver sa route. Tout avait tellement changé depuis son départ. Ils se perdirent plusieurs fois, mais ils parvinrent finalement aux abords d’une vieille bâtisse de pierres noires. Elle n’était clairement pas de l’époque et avait certainement plusieurs siècles. Un témoignage du passé qui avait été remis au goût du jour. Certaines choses avaient été modifiées ou ajoutées notamment un garage. Mais le terrain était toujours aussi grand, bien qu’il ait été encerclé par des murs. Le noble prit congé de sa sauveuse et descendit de la voiture. Des grilles l’empêchaient de passer, mais cela n’allait certainement pas l’arrêter. Il parvint à escalader le muret – bien que sans aucune grâce – et à pénétrer dans la propriété. Ses pas raisonnaient sur le pavé qui menait jusqu’au manoir – son manoir. Il gravit les premières marches du couvert et ouvrit la porte sans problème.

Tout était calme à l’intérieur. Mais il voyait très bien que ce lieu était possédé par une famille. Ce n’était plus sa demeure mais bien celle d’étrangers. Et comme il n’avait plus de descendance, ces personnes s’en étaient emparées de façon illégitime. La colère montait peu à peu en lui alors qu’il découvrait ce qu’on avait fait de son magnifique manoir. Des choses modernes difformes avaient remplacé le faste de l’époque. Oh, ils allaient payer. Le noble s’empara d’un couteau de la cuisine puis monta à l’étage, laissant sa main glisser sur la rambarde de bois. Il finit par entrer dans une première chambre – son ancienne. Un couple dormait profondément dans leur immense lit. Ils avaient retirés tous les portraits de sa personne. Álister trancha alors la gorge de l’homme qui dormait auprès de sa femme. Le sang gicla avec force en des bruits d’étouffement. Oh comme c’était exaltant, comme c’était appétissant. Les lèvres du vampire allèrent se poser à la source et boire, boire jusqu’à vider entièrement sa victime de tous son sang. Il ne pouvait plus s’arrêter. Sa gorge auparavant si sèche réclamait toujours plus. Alors il entendit un cri strident ; la femme s’était réveillée devant tant de bruit. D’un geste vif, il lui planta le couteau au dessus de son sein droit. Elle recula et tomba du lit. Álister termina de vider l’homme quand il se releva. La jeune femme tentait de s’enfuir en des cris de panique. Il voyait sa victime ramper et pouvait sentir son pouls s’accélérer. Ses veines gonflées à son coup lui apparaissaient comme une friandise idéale. Il attrapa sa cheville et la tira jusqu’à lui, ayant recouvré quelques forces après son premier encas. Ses dents mordirent alors dans son cou pour lui arracher un morceau de peau. Il tira de toutes ses forces et les veines et les nerfs se déchirèrent. Sa bouche recracha tous ces morceaux sur le sol alors que sa victime succombait doucement dans la panique. Comme pour sa première victime, il la but entièrement laissant le cadavre sur le sol. Ses forces revenaient peu à peu et il se sentait à nouveau puissant. Puis ses oreilles détectèrent un léger bruit. Inaudible pour un humain, mais pas pour un vampire. C’était un frottement suivi d’un reniflement. Ses pas le menèrent dans ce qui avait été son bureau mais qui était à présent une chambre d’enfant. Il entendait la respiration et le cœur battant d’un enfant. Il ouvrit l’armoire et découvrit un petit garçon  âgé certainement de 5 ans. Le Nosferatu plongea son regard ensorcelant dans celui de l’enfant, ce qui l’empêcha de crier et de paniquer. Il pouvait sentir son cœur ralentir sous cette emprise. Leur sang était tellement revitalisant. À cet âge, ils sont pleins de vie ! Mais il n’était pas dans les habitudes d’Álister de laisser agoniser les enfants. C’est pour cela qu’il l’invita à sortir de sa cachette et, docilement, l’enfant l’obéit. Puis il se mit à sa hauteur et le regarda, un sourire aux lèvres.

« Comment t’appelles-tu mon garçon ? » lui demanda-t-il.
« Alexandre. » répondit le petit garçon d’une voix fluette et encore paniquée.
« Et bien Alexandre, tes parents sont partis. Mais tu n’as pas à t’inquiéter car tu vas bientôt les rejoindre. N’aie pas peur et ferme les yeux. »

Álister passa sa main sur le visage de l’enfant pour lui faire fermer les yeux. Son cœur était dépourvu de toute crainte désormais et une confiance aveugle lui était dévouée. Il prit le visage d’Alexandre entre ses mains, puis lui tourna la tête afin de l’énuquer. Un craquement déchira le silence de la pièce alors que l’enfant tomba, inerte, dans ses bras. Il perça ensuite sa carotide qui déversa à nouveau le précieux liquide rouge. Le noble ne se retint pas de le boire. Puis il remit le corps de l’enfant dans son lit après avoir remis la couverture sur Alexandre.

Il redescendit les escaliers pour se rendre à la cave. Le vampire n’eut pas de peine à retrouver sa fausse pierre qui ouvrit un passage secret. Il y entra sans appréhension malgré la poussière et les toiles que les araignées avaient laissé durant des siècles. Son sac empli de ses trésors s’y trouvait toujours.

Álister ressortit de la demeure sous une toute autre forme. Ses rides avaient disparues, ainsi que ses cheveux gris. C’était un jeune homme plein de vie, se tenant droit qui franchit le pas de la porte. Sa main tenait un mouchoir blanc et essuyait les dernières traces de sang sur le coin de ses lèvres. Son corps si décharné affichait une silhouette bien dessinée. Ses vêtements étaient un peu plus remplis désormais qu’il avait mangé et son visage était aussi lisse que de la porcelaine. Il regagna la voiture et déposa son précieux trésor sur la banquette arrière. Puis il regarda Amanda avec un sourire radieux sans dire toutefois ce qu’il s’était passé à l’intérieur de la demeure ; ses forces étaient revenues, enfin !

« Nous pouvons y aller désormais. » lui lança-t-il tout naturellement.  




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Message par Amanda J. Anderson le Mar 15 Déc - 11:13

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Prelude to resurrection


Extraits du tombeau, l’air frais emplissait les poumons d’Amanda d’un oxygène nouveau. Dans la grotte il y avait eu tellement de mauvaises ondes qu’elle aurait pu les sentir fourmiller sur sa peau, des sortilèges avaient été jetés afin de préserver sa cachette, elle s’était sentie maudite de toute part et aurait sans doute pu entendre les contestations de ceux qui l’avaient enfermé au moment où elle avait fait couler le sang. Elle n’était donc pas mécontente de retrouver la surface, tout comme le vampire réveillé qui redécouvrit les éléments de la nature ; l’air, la terre, l’eau, elle se demandait ce que l’on pouvait bien ressentir en en étant privé contre son gré, et surtout propulsé dans l’avenir sans qu’il ne puisse maitriser le passage de son époque à l’époque moderne. Elle lui laissa le temps d’appréhender son réveil, de savourer chaque effet qu’aurait procuré le vent sur sa peau encore entre la mort et la vie. Et lorsqu’elle l’invita à s’asseoir dans la voiture, il lui demanda d’abord où étaient ses chevaux.

« Ils sont sous le capot » Fit elle en plaisantant lorsqu’elle s’installa à la place conducteur.

Il avait accepté son invitation, mal à l’aise, mais c’était tout à fait normal. Alors Amanda tenta de ne pas rouler trop vite pour ne pas le brusquer sur les premiers kilomètres. Puis le vampire lui fit part de son désir de retourner à Galway. Amanda accepta sans hésiter et fit donc route en direction de la ville portuaire. Il la guida une fois passé les portes de la ville, à la recherche des souvenirs jusqu’à l’arrêter devant un grand manoir d’époque. Il sorti de la voiture, Amand avait choisi de ne pas le suivre pour éviter de lui donner l’impression qu’il soit un animal qu’elle avait attrapé. La sorcière le suivit néanmoins du regard légèrement sceptique avant de le voir escalader le muret. Elle regretta à ce moment là de l’avoir laissé, posant son front contre le volant en soupirant. Chercher à l’arrêter ne servait à rien, alors elle se devait de prendre son mal en patience.

Cela dura qu’une poignée de minutes avant d’entrevoir la silhouette du Nosferatu dans l’ombre, faiblement éclairé par un lampadaire, elle remarqua vite que quelque chose avait changé. C’est un bel homme qui revint prendre place à ses côtés, dont les traits figés dans le temps auraient séduit n’importe quelle femme. Les vampires avaient cette attraction naturelle, pour le nombre de fois où elle en avait séduit elle avait bien vite fait de comprendre qu’elle n’avait jamais rien contrôlé en vérité. A cet instant même elle eu un moment d’absence, contemplant son visage aux faibles lumières de la pénombre avec fascination. Il n’était pas difficile de comprendre comment il avait trouvé sa cure de jouvence, les habitants de cette maison en avaient certainement fait les frais. Une pensée qui l’arracha de la contemplation simple d’Alister et la força à démarrer pour ne pas laisser plus longtemps de traces qui pourraient aussi bien la mettre en danger au niveau de la justice. Amanda démarra donc en silence pour prendre la route en direction de Dublin. Un trajet assez long mais puisqu’il n’y avait personne sur la route et qu’il n’y avait pas de souci d’intempéries, les kilomètres seraient assez vite avalés. Le calme régnant à l’intérieur de l’auto était cependant allongeur du temps qu’ils mettraient, elle n’osait pas encore mettre ni radio ni chauffage pour ne pas trop le bousculer dans la technologie. Mais au bout d’un certain temps, Amanda jeta un vif coup d’œil sur le passager avant de reposer ses yeux sur la route. Une question lui occupait l’esprit depuis que ses yeux s’étaient posés sur ce grand manoir, vestige de l’époque et préservé avec le plus grand soin. La sorcière hésita un moment puis se lança :

« Votre procès vous accusait clairement de vampirisme, la maison tout à l’heure j’imagine qu’elle était la votre. J’aurais donc du mal à croire que vous étiez un vampire indiscret et en marge de la société, pourtant il n’y a pas la moindre trace de la personne qui vous a accusé… »

Amanda laissa volontairement un court instant de silence pour observer le visage d’Alister, voir s’il ne s’agissait pas là d’un sujet de conversation tabou, après tout elle ne l’avait connu qu’au travers un vieux morceau de papier qui ne reflétait en aucun cas la réalité. Pourtant, Amanda avait besoin de savoir, elle avait été frustrée en ne sachant pas la fin de l’histoire raconté à ses collègues et laissée sur sa faim en retrouvant les closes de son procès auquel il n’avait même pas participé. Ce mystérieux accusateur avait donné des détails très précis sur Alister au vu de son témoignage, il n’aurait pas pu être une victime alors un seul mot lui était venu en tête :

« Un complot ? » demanda t-elle.

C’était ce qu’elle soupçonnait le plus, un vampire sauvage aurait clairement pu être condamné à mort tandis qu’un vampire possédant telle demeure tout en étant Nosferatu ne pouvait pas avoir vécu si longtemps dedans. Elle se demandait d’ailleurs quel était son âge à ce moment là, ce qu’il avait pu voir et vivre au travers des siècles. Ce qu’il se passait à ce moment là, la voiture, les routes, les villes, tout devait lui sembler étrange et tellement fade comparé à la richesse de culture que possédait l’Irlande il y a de cela quelques siècles. Au niveau mondial avec du recul, ils n’étaient pas les plus à plaindre, certaines choses demeuraient alors que certains pays avaient complètement tourné la page sur leurs traditions pour vivre le futur et jouir du capitalisme avec gourmandise. Elle pensait notamment à son pays où certains contrastes étaient ahurissants et la manière dont elle avait été dépaysée en passant de New York à la Louisiane.  

« Ce sont les papier concernant les accusations contre vous qui m’ont guidée jusqu’ici. »

Elle avait préféré clarifier les choses afin qu’il ne se fasse pas d’autres idées la concernant mais aussi pour gagner un peu plus de sa confiance en se déclarant totalement en retrait de ces histoires là. Amanda avait usé de curiosité pour aller à son tombeau et elle l’avait réveillé d’hors et déjà par caprice mais aussi parce qu’elle était persuadée qu’il avait les épaules assez larges pour ce qu’elle lui réservait - Ce ne serait sans doute pas pour lui déplaire. Aussi il savait sans doute bien des choses que certains livres ne référençaient pas, notamment concernant les organisations, rien de mieux qu’un réel témoignage de ce qu’ils furent dans le temps et leurs anciennes valeurs qui auraient pu parfois êtres annihilées avec l’évolution.







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